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Pour une agriculture bio et durable : des Versaillais se mobilisent

Est-ce l’effet COP21 ? En ce début d’année, j'ai souhaité vous proposer quelques clés pour consommer différemment, en commençant par ce que l’on mange. A Versailles, deux associations permettent à ceux qui le souhaitent de conjuguer consommation responsable et soutien à une agriculture durable. Pour vous en dire plus, le blog a rencontré les bénévoles engagés de la « Ruche qui dit oui » et de l’AMAP. Deux approches cousines qui vont dans le même sens mais diffèrent par leur mode opératoire.

Pour une agriculture bio et durable : des Versaillais se mobilisent

Option 1 : La Ruche qui dit Oui

La Ruche Versailles : qu’est-ce que c’est ?

Créée en octobre 2014, la Ruche Versailles compte aujourd’hui plus de 1 500 membres. Elle est affiliée à l’association Les Fruits de la Terre et fonctionne en synergie avec deux autres ruches parisiennes, afin de garantir aux producteurs un volume de commandes qui leur permette de vivre dignement de leur travail. « Si les personnes qui viennent à nous ont avant tout le désir d’acheter des produits sains, nous essayons de les sensibiliser, au-delà de ça, au pouvoir qu’elles détiennent : en effet, notre façon de consommer a un impact direct sur la production agricole locale, hélas dévastée par les modes d’exploitation actuels » explique en préambule Stéphane Cozian, l’un des trois co-responsables avec Vesna Asanovic et Raphaël Garcin.

Pour une agriculture bio et durable : des Versaillais se mobilisent

La Ruche Versailles : comment ça marche ?

Concrètement, la Ruche fédère des producteurs bio régionaux (installés à maximum 250 km de Versailles) qui proposent leurs produits sur le site internet. Les « abeilles » adhérentes de l’association font leur liste de courses puis règlent leurs achats en ligne, en amont. Et tous les quinze jours, le mardi soir, les agriculteurs viennent livrer les quantités commandées à Versailles, devant le gymnase Richard Mique (grâce au soutien de la maison de quartier Clagny-Gatigny). Le producteur n’apporte que ce qui a été commandé : pas de perte, pas de gâchis. « Chacun vient avec ses emballages, ses boites à œufs, ses sacs… Les paniers ne sont pas préparés à l’avance, les abeilles font le tour des stands et cela crée des liens durables avec les producteurs. On discute, on apprend plein de choses, on redécouvre le rythme des saisons puisque ne sont livrés que des produits locaux ! » ajoute Vesna. Bien sûr, il est plus simple de se fournir dans un magasin bio, comme les citadins sont habitués à le faire. Mais avec La Ruche, en quelque sorte, « on désurbanise la consommation, en faisant l’effort d’aller chercher sa nourriture et d’échanger avec l’agriculteur. C’est une réelle démarche citoyenne » précise Raphaël. A chaque distribution, 50 à 60 commandes sont ainsi livrées, une moyenne qui ne demande qu’à augmenter ! Et les abeilles, très motivées, viennent parfois de loin, quitte à se dépanner entre elles en cas d’impossibilité : Vélizy, Le Chesnay, Viroflay, Garches, Plaisir, Voisins-le-Bretonneux, voire même Saint-Germain-en-Laye.

Pour une agriculture bio et durable : des Versaillais se mobilisent
Pour une agriculture bio et durable : des Versaillais se mobilisent

La Ruche Versailles : quels produits ?

Une vingtaine de producteurs fournissent la Ruche Versailles. L’offre est large : fruits et légumes, viande, poisson et fruits de mer, volaille et œufs, fromages de chèvre, plantes et arbustes, miel, mais aussi café, graines à germer, produits à base de pomme, confitures, chutney, pain, conserves, savons… « Le lien qui nous lie aux agriculteurs va bien au-delà de la relation commerciale. Cette année par exemple, un groupe d’abeilles est allé aider un des producteurs à retaper sa chèvrerie » raconte Stéphane. Ces échanges, cette solidarité, la Ruche essaye de les développer en organisant des événements, comme cette opération « Soupe » l’an dernier : de nombreuses abeilles étaient venues éplucher les légumes apportés par le maraîcher avant d’en faire une soupe qui était distribuée gratuitement. Un joli moment de convivialité et de partage de valeurs, qui sera sans nul doute prochainement reconduit.

Pour toute information complémentaire, consultez le site internet de La Ruche Versailles et suivez leur page Facebook.

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Pour une agriculture bio et durable : des Versaillais se mobilisent

Option 2 : L’AMAP

Les AMAP : toute une philosophie

Concept né en Provence dans les années 2000, les AMAP (Association de Maintien de l’Agriculture Paysanne) ont pour vocation de permettre à des agriculteurs bio de gagner leur vie sans passer par les grands réseaux de distribution. « Cette dimension de solidarité avec le monde paysan est très forte. Plus qu’une manière de s’approvisionner sans intermédiaires en produits bio, adhérer à une AMAP procède d’une vraie philosophie. Cet état d’esprit me tient particulièrement à cœur » indique Karina Sonzogni, présidente de l’AMAP Versailles. Au-delà de la distribution, le bureau de l’association édite chaque semaine une lettre d’information et organise des conférences de sensibilisation sur l’alimentation et l’agriculture biologique. Créée au printemps 2014, l’AMAP Versailles a démarré avec 35 adhérents. Elle en compte aujourd’hui 84 mais affiche aussi une longue liste d’attente. « Nous aurions largement la possibilité d’ouvrir une deuxième AMAP sur Versailles, mais à date le maraîcher qui nous livre (et qui fournit aussi l’AMAP de Marly-le-Roi) ne peut pas augmenter sa production. Or trouver l’agriculteur partenaire est le nerf de la guerre ! » explique Karina.

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L’AMAP : quelle est la formule ?

Une AMAP met en rapport un maraîcher avec des citoyens, sur la base d’un contrat co-signé par l’agriculteur et l’Amapien, le second s’engageant à acheter par abonnement la production du premier sur une durée variable (un an à l’AMAP Versailles). L’Amapien édite plusieurs chèques à la signature du contrat (5 ou 10), au nom de l’agriculteur. L’AMAP les stocke (sans aucun commissionnement) et les délivre au fil des mois à l’agriculteur. L’engagement de l’adhérent est bien plus que financier : il assume par avance d’accepter les légumes que contiendra son panier, connus ou inconnus de lui, jolis ou biscornus. En cas de souci (intempéries notamment), il est solidaire de l’agriculteur, qui lui-même s’engage sur un certain nombre de distributions annuelles. Le tarif est défini une fois par an, en toute transparence : l’agriculteur et le bureau de l’AMAP examinent les comptes et déterminent quel doit être le prix du panier afin que le producteur puisse à la fois vivre de son activité et investir pour les récoltes futures. « Il produit pour nous et seulement pour nous ! De notre côté, nous acceptons les aléas, nous acceptons aussi les variations : le petit panier fait toujours plus de 3 kg en été et un peu moins en hiver, c’est la loi des saisons ! Nous allons aussi donc bien au-delà d’un simple lien producteur-consommateur, ce qui a même conduit des Amapiens à aller aider notre maraîcher quand il s’est agit d’installer les nouvelles serres qu’il venait d’acquérir » précise Karina. Lors de chaque distribution, les paniers qui n’ont pas été retirés sont donnés à l’association versaillaise SOS Accueil, qui héberge des personnes en réinsertion : une formule qui leur permet de cuisiner des produits frais et même d’organiser des animations autour des recettes, avec leurs résidents. Cette année, les tarifs par semaine étaient respectivement de 10,80€ pour le panier de 3 kg et 18€ pour celui de 5 kg.

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Karina Sonzogni
Karina Sonzogni

L’AMAP : comment ça marche ?

Tous les mercredis de 19h à 20h au Gymnase Richard Mique (la maison de quartier Clagny-Glatigny mérite décidément la palme de l’engagement sur ce sujet, bravo !), les Amapiens viennent chercher leurs produits, réunis dans un panier. Installé près de Mantes-la-Jolie (78), le maraîcher partenaire, Jean-Marc Guitel, fait le voyage en personne chaque mercredi et ne raterait pour rien au monde cette rencontre avec les adhérents. Si la souscription à l’abonnement « légumes » est la condition sine qua non d’adhésion à l’AMAP, d’autres partenariats sont venus s’ajouter au fil du temps, qui fonctionnent sur le même principe (contrat annuel) : les fruits avec la Maison Gaillard (78), le pain avec La Budinerie (78), le fromage de chèvre avec la chèvrerie d’Haussez (76). « Nous sommes heureux de démarrer un nouveau contrat en février prochain avec un producteur de volailles et d’œufs. Le jeune couple qui lance l’affaire nous avait contactés l’an dernier alors qu’il montait le projet, et le fait que plusieurs AMAP lui garantissent des débouchés l’a aidé à trouver des financements). Une belle aventure à laquelle nous sommes heureux de pouvoir apporter notre soutien » ajoute Karina dans un grand sourire. Et pour ceux qui veulent aussi recycler leurs épluchures, l’association fournit des seaux hermétiques dont l’agriculteur récupère le contenu chaque semaine, afin d’en faire du compost.

Pour toute information complémentaire, consultez le site internet de L'AMAP Versailles et suivez leur page Facebook.

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