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Olafur Eliasson à Versailles : « ouvrir ses sens, saisir l’inattendu »
"Solar Compression" Olafur Eliasson © Corinne Martin-Rozès
"Solar Compression" Olafur Eliasson © Corinne Martin-Rozès

Du 6 juin au 30 octobre 2016, le château de Versailles accueille Olafur Eliasson. Connu pour ses installations spectaculaires, l’artiste a conçu une série de neuf œuvres spécialement pour le château et ses jardins, avec pour ambition « d’offrir un point de vue contemporain sur cet héritage fort ». Des créations qui s’intègrent au décor et s’y cachent même parfois, invitant le visiteur à changer de regard sur Versailles.

Ofalur Eliasson  © Corinne Martin-Rozès
Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès

Depuis 2008, le Château de Versailles organise chaque année une exposition consacrée à un artiste contemporain. Après les remous suscités par l’iconoclaste Anish Kapoor en 2015, c’est au tour d’Olafur Eliasson d’investir les lieux. « Je suis enthousiasmé de travailler dans un lieu aussi emblématique que Versailles. Le château et ses jardins sont si riches de sens et d’histoire, de politique, de rêve, de vision, c’est un défi exaltant de créer une intervention artistique qui modifie le sentiment des visiteurs et offre un point de vue contemporain sur cet héritage fort. Je considère que l’art est un coproducteur du réel, de notre sens du présent, de la société et de l’unité des hommes. C’est très inspirant d’avoir à travers l’art l’opportunité de coproduire la perception actuelle de Versailles » explique l’artiste.

"The curious museum"  Ofalur Eliasson  © Corinne Martin-Rozès

"The curious museum" Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès

"Waterfall" Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès
"Waterfall" Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès

Une œuvre qui sonde la perception, le mouvement, l’expérience physique

Olafur Eliasson, souvenez-vous, s’était déjà illustré lors de la COP21 de décembre 2015, en rendant palpables les changements climatiques avec « Ice Watch », douze énormes fragments de glacier du Groenland qui formaient une horloge éphémère sur la place du Panthéon. L’artiste islando-danois, né en 1967, jouit d’une reconnaissance internationale. Son travail sonde la perception, le mouvement, l’expérience physique, et le sentiment de soi. Il est surtout connu pour ses installations spectaculaires, à l’image de « The weather project » (2003) dans le Turbine Hall de la Tate Modern, à Londres ou « The New York City Waterfalls » (2008), quatre grandes cascades artificielles installées sur les berges de Manhattan et Brooklyn. Invité à Versailles, il s’est à plusieurs reprises immergé dans le domaine « avant de choisir méticuleusement quelques points qui, désormais, seraient les siens pour nous entraîner dans son exploration, ou avancer plus loin dans la possession des lieux. Aucune appréhension et pas d’emphase, quelques œuvres pour changer notre perception de Versailles, l’aiguiser, l’amplifier. Métaphores de l’eau, diffraction de la lumière, miroirs piégés, émotions dilatées, silhouettes mouvantes, Olafur Eliasson veut que le visiteur s’empare de Versailles avec lui » raconte Catherine Pégard Présidente de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles

"Glacial Rock Flour Garden" Ofalur Eliasson   © Corinne Martin-Rozès

"Glacial Rock Flour Garden" Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès

Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès
Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès

Des œuvres qui « diluent l’agencement formel des jardins »

A Versailles, Olafur Eliasson veut à nouveau prouver que l’art a la capacité de transformer nos perceptions et perspectives. Une fois de plus, il bouscule notre vision du monde par ses installations où sont mis en œuvre projections lumineuses, visions kaléidoscopiques, miroirs réfléchissants et structures géométriques complexes. « Eliasson aborde le château et le jardin de Versailles comme un champ expérimental. Il n’y installe pas des objets mais conçoit des dispositifs qui engagent le visiteur dans une relation active. (…) Les installations en extérieur forment un triptyque autour du thème de l’eau dont on sait combien il est présent dans le jardin classique. La cascade dressée dans le Grand Canal prend place dans l’axe majeur tandis que les deux bosquets (l’Etoile et la Colonnade) réaffirment leur fonction de salons de plein air pour abriter l’un, un voile circulaire de fin brouillard, et l’autre, un tapis de résidus de glacier tout droit venus du Groenland. Ces trois œuvres sont ainsi reliées entre elles par leur thématique commune traçant une continuité et engageant les sens » explique Alfred Pacquement, Commissaire de l’exposition. Pour Eliasson, ces trois œuvres diluent l’agencement formel des jardins tout en faisant revivre une idée originale d’André Le Nôtre, jamais réalisée : l’installation d’une cascade dans l’axe du Grand Canal.

"Fog assembly" Ofalur Eliasson© Corinne Martin-Rozès

"Fog assembly" Ofalur Eliasson© Corinne Martin-Rozès

"Solar compression" Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès
"Solar compression" Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès

Visiter Versailles différemment, « en prenant le contrôle de son expérience »

A l’intérieur du château, c’est le regard qui est sollicité dans un jeu successif de miroirs et de mises en abîme. « Le décor des salons n’est pas transformé mais il s’amplifie en démultipliant les points de vue. Le spectateur découvre avec surprise son image dans des situations inattendues, les salles s’agrandissent, se transforment, révèlent leur mystère. L’artiste exalte la fluidité du cadre baroque qui lui permet de reconstruire une autre réalité. Déplacements et déstabilisations modifient l’appréhension des salles en y invitant le visiteur comme participant actif » poursuit Alfred Pacquement. « Le Versailles dont j’ai rêvé est un lieu qui responsabilise chacun. Il invite les visiteurs à prendre le contrôle de leur expérience au lieu de simplement consommer et être éblouis par la grandeur. Il leur demande d’ouvrir leurs sens, de saisir l’inattendu, de flâner à travers les jardins, et de sentir le paysage prendre forme à travers leur mouvement » conclut Olafur Eliasson. A vous de voir donc, à vous de vous faire votre idée en faisant cette promenade ludique et insolite, en restant très attentif car certaines œuvres ne sont pas immédiatement décelables dans leur environnement : c’est l’un des charmes de cette exposition.

" The Gaze of Versailles" Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès" The Gaze of Versailles" Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès

" The Gaze of Versailles" Ofalur Eliasson © Corinne Martin-Rozès

Informations pratiques

Entrée de l’exposition dans le Château et les Jardins par la Cour d’Honneur du Château de Versailles - Du 6 juin au 30 octobre 2016

Dans le château : tous les jours sauf le lundi de 9h à 18h30
Conditions normales de visite, billet Château non surtaxé pour l’exposition

Dans les jardins
Tous les jours de 8h à 20h30
Entrée gratuite sauf les jours de Grandes Eaux Musicales, de Jardins Musicaux (de 9h à 18h30), soit les samedis et dimanches jusqu’au 30 octobre 2016, les mardis du 7 au 28 juin puis du 5 juillet au 25 octobre, les vendredis du 1er juillet au 30 septembre ainsi que le jeudi 14 juillet.

Attention : fermeture anticipée du jardin à 17h30 les samedis du 18 juin au 17 septembre, le jeudi 14 juillet et le dimanche 30 octobre 2016.

Pour toute information, rendez-vous sur le site du Château de Versailles

Olafur Eliasson à Versailles : « ouvrir ses sens, saisir l’inattendu »

Commenter cet article

Francesse 05/01/2017 15:45

Salut. C’est vrai que ces installations sont spectaculaires. Il faut avoir un sacré talent pour tout calculer à la perfection comme le fait cet artiste. En tout cas, merci beaucoup pour les clichés.